Extase kazakhe

Architecture Lego, l'ego sans perspective.

06 janvier 2008

Danse avec les pingouins jusqu'à la mort !

Il est entendu que je commence un article que la fatigue m’empêchera sans doute de terminer… Ou me fera bacler. Surtout qu’avec tout ce que j’aimerais raconter dans les détails les plus absurdes (donc drôles pour moi, ridicules à lire), il faudrait que je sois dans de meilleures conditions. Que ce ne soit pas la rentrée demain, notamment. Cet état de fait vaut pour davantage qu’un détail, mon système immunitaire et mes résistances biologiques étant grave menacées, donc je zappe. Enfin, je zappe ici ce qui m’obsède par ailleurs, n’en doutez pas, si vous êtes prof et que vous tombez sur ce post. Quoique je peux vous raconter ma mise en conditions… Elle montre assez bien mon peu de bonne volonté de preppy.

Ce matin, mon père a jugé bon de mettre le réveil à potron minet (selon l’expression qu’il a lui-même employé, mais après coup !). Soit qu’il soit fou (bjizjizjfiezamoj ça ne fait aucun doute) soit qu’il soit gamin au premier stade de la sénilité galopante : il voulait tester son nouveau réveil bionique. Qui nique les oreilles, pour tout dire, par un gazouillis strident que Nature & Découvertes veut faire passer pour un enregistrement live d’un sous-bois à l’aurore. Je n’ai donc pas loupé Bob l’Eponge, savouré tout en boulottant des pâtés de crab’s sous la forme de céréales du commerce équitable. Pour sauver la face, j’ai fait quelques minutes de vélo, parce que le déjeuner s’annonçait riche, l’idée de se purger des fêtes à grand coup de louche de soupe à l’oignon n’ayant pas d’adeptes dans notre famille de morfalous. Poulet dominical avec "rates sans dilatation", aha, on a aussi un fort héritage comique dans la famille, et galette des rois au menu. Chaque année il y a la même frénésie à s’emparer d’eux tous : ma sœur trépigne pour qu’on rabboule les rois mages dans la crèche, mon père tient à l’équité des parts de la galette et ma mère, à ce qu’elles soient distribuées à l’aveuglette pour respecter l’égalité des chances à obtenir la fève. Et comme chaque année, c’est ma petite sœur qui a la fève. Aha. On voit ici le caractère hypocrite du folklore ! Sauf que maintenant ma sœur va sur ses 16 ans et que moi je ne pique plus de crise (comme au temps où, furieuse, je cassais la fève de dépit…), vu que je suis résignée et surtout, que ce midi j’étais pressée par le temps… T. et A. sont venus me chercher vers 14 heures. J’étais au téléphone, et suis partie comme une voleuse, d’ailleurs j’ai un peu emprunté la fève au passage, un mignon renard. D’ailleurs j’ai complètement oublié mon chargeur et je vous dit pas que demain, j’aurais de la chance si la batterie concède quelques forces au réveil.

Le trajet en lui-même fut cocasse. Pour ma part, j’étais coincée à l’arrière entre les valises et les béquilles. A ce propos, je peux dire que les voitures ne sont pas conçues pour les obèses ni pour les infirmes. Impossible de boucler la ceinture de sécurité pour caler les valoches. Impossible pour A. d’être à l’aise. Ah oui, parce que A. s’est fait une entorse, et quoique ça puisse sembler anodin, permettez que je m’y attarde. Je t’avais prévenu, je donne dans le détail ! Ouais, alors un de ces jours derniers, en voulant sortir boire un verre quelque part dans la ville, soit un endroit précis dans un nul part à l’échelle de bourgade, A. s’est méchamment vautrée. Le lieu : devant les pompes funèbres, sachant que je m’y suis moi-même étalée deux fois. Une fois pour le malheur de mon jean : la scène : je me relève, maculée de sang et à la question de A., inquiète, je réponds : « Aaaah, mon Replay ! Gâchééé ». Où on voit la futilité de la meuf. Deuxième fois, à la question de A., inquiète, je réponds : « Aaaaah, mes fiches d’Allemand ! Comment je vais réviser pour l’épreuve ? ». Où on voit le caractère allégrément suicidaire de la meuf : l’épreuve du bac commençant 15 minutes plus tard. O-P j’étais, quoique ensanglantée. Mais cessons d’être égocentrique, le cas de A. fut autrement sérieux. Toute pâle, je la sentais prête à s’évanouir et au fur et à mesure qu’elle perdait en couleur, la foule de badauds grossissait. Tous des vieux qui croyaient pouvoir la porter alors que même leur dentier leur pesait… Et je crois surtout que c’est la vision de deux jupettes en goguette dans le caniveau qui motivait leur bonté. Cynique, je ne pouvais m’empêcher de chercher le plus sarkoziste d’entre eux (je sais, aucune sollicitude pour l’électorat sénile…) et si la mère de A. n’était pas passée en voiture, fort à propos, qui sait quel massacre aurait succédé à la débâcle. Bref, en l’occurrence il y eut surtout épopée aux urgences. Les vieux nous avaient suivit : la salle d’attente grouillait d’une horde d’octogénaires qui voulaient PARLER à un docteur conciliant. A., stoïque, regardait son pied enfler sans penser dribler les vieux déjà là depuis le matin, si ça se trouve. Bref, cette aprem, A. avait peu de place dans la voiture, surtout qu’elle croulait sous les paquets de vivre mais ça, c’est une autre histoire, celle de la boulimique que je suis qui ramène ses provisions par tonnes. Sous la pluie et dans le brouillard, T. a réussi à nous ramener à Rennes. Il a bien essayé de tourner en rond et infiniment dans la Cité Médiéval mais je l’ai orienté fissa vers la Nationale 12, par là j’entends prouver ma motivation à rentrer. Et surtout à sortir de cette voiture, qui puait la vanille, même si A. a réussi à subtiliser « L’arbre magique » odoriférant, et transformée en discothèque miteuse. Faut dire que T. a toute une playlist de pop québécoise et de boys band scandinaves ! Tssss… Le trajet fut ce qu’il fut (assez agréable, en fait) et arrivée chez moi, j’étais plus si sure de plus vouloir poursuivre le road movie en Bretonie. D’autant que j’ai trouvé l’appart bizarre. Dépossédé de moi parce que rangé et sans doute la déco minimaliste y est-elle aussi pour quelque chose. Je suis donc restée scotchée devant l’ordi à récupérer les photos que R. m’envoie d’Irlande et ai mangé suffisamment de brioche pour semer des miettes, afin de redonner vie à l’endroit ! Ensuite et après une conversation téléphonique soutenue avec L. et sa doudoune qui parle presque, M. est venu me voir. Retrouvailles. J’en ai complètement oublié ma colle de Français de demain, j’étais contente de le voir, un peu euphorique, même, mais je pense que la masse graisseuse accumulée en ces temps de fête empâte assez mon visage pour le rendre inexpressif. Pour y remédier, j’ai accepté que l’on joue au basket le ouikend prochain. Ce sera après le théâtre (Beckeeeeet !) et les soldes ( - 5 % sur les guêtres fluo en poil d’Alpagua synthétiques, youpiiii !), voyez si je suis à fond dans la perspective de travailler un jour !!!!!! J’ai conscience d’être une merde mais je mets au défit quelque philosophe que ce soit de démontrer que cette prise de conscience peut me porter à me réaliser de façon plus productive. Aha, les grosses boules. Sur ces b/connes paroles… 

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24 octobre 2007

Radiator, j’adore !

Long p’tit topo de cette semaine qu’en n’est point z’une : plutôt une éternité de labeur, que c'est !!!

Cy_twombly

Lundi soir fut celui, peu glorieux, où je vis mon corps se hisser au statut de glaçon violacé quoique boudiné dans 2 débardeurs, 1 chemisier, 1 pull et deux vestes de sport… J’ai finis par allumer le radiateur blanc que je lorgnais depuis des jours, ce en dépit de ma morale écologiste inébranlable. Qui, faut croire, ne l’est pas tant que ça ! 3 ans que j’éteignais systématiquement le chauffage quand ma mère osait l’allumer dans mon antre (douillette la chambrette, n’en doutez pas). 3 ans d’efforts colossaux (c’est triste de ne pas pouvoir griller ses cartouches d’encre dans le radiateur, un jour de détresse) et de sacrifice de l’épiderme (bonjour les compensations en crème hydratante !) ! Rageuse je suis, quoi. D’autant que le radiateur, il marche pas ! Me renvoyait à ma culpabilité, l’insolent ! Non mais sérieux, même ma clope crépitait, je sentais qu’elle n’allait pas tarder à choper des engelures ! Je fus comme qui dirait tentée d’allumer un brasero avec les cours de philo : « Méphisto, aux fourneaux, Méphisto, aux fourneaux ! ». – Oui, le degré 0, c’est aussi celui de mon Q.I. de gambas surgelée.

Bref, j’étais über deg’ rapport que j’avais cru faire 10 épidermies en autant d’heures passées à l’école ce maudit lundi et que j’ai même pas eu la riquiqui compensation de me pelotonner tranquille au rentrant ! C’te misère…

Sympa, ce petit temps frais de nos campagnes, mais à quand la pluie d’un temps bien doux ? Notez que j’ai vérifié le toit de la baraque avant de m’avancer d’la sorte. Constat : pour les inondations, on est paré, pour le retour à l’ère glacière, nan !! Il ne me restais plus qu’à taper dans le garde-manger, ce que j’ai fait pour ne pas liquider mon potentiel de loukoum des abruses, moelleux et vigoureux. Et pour me réconcilier avec ce maudit lundi, donc.

Mardi, j’ai eu chaud en sortant dans la rue et ai enfin pu enlever le manteau que je n’avais pas quitté de la nuit ;) – j’exagère, que vous dites ? Un peu… comme chaque mardi matin d’anticipation du calvaire à venir.

Le calvaire à un nom : La Chouette, prof d’histoire de son métier et bourreau de sa spécialité. Je n’aime ni sa touche de Playmobile (même coupe, même tenue rigide, le feun en moins), ni ses conseils d’avant-le-contrôle-qui-va-déchirer-nos-têtes-sa-race. Ensuite on a eu option géo, ce qui était déjà plus marrant, parce que j’aime plutôt la carte de Cambrais et l’étudier pendant deux heures, ça me réconcilie avec l’Education Nationale. Quoi vous ne savez pas où se situe Cambrais ? Moi non plus, mais je sais précisément quelles sont ses infrastructures et ses strates souterraines. Enfin, je suis censée savoir, maintenant... L’aprem on a encore tapé 2 heures de Latin avec l’hystérique de nunuche prof de la-dite matière (l’amouur avec Didon ! La passiion ! Traduisez ! Comment-ça vous ignoré ce que signifie c’est adjectif substantivé ?), avant d’enchaîner sur Faust en Allemand. Le soir je devais normalement apprendre le cours d’Histoire. Pour le contrôle pré-cité. Je me suis donc imposé quelques mesures drastiques : 1) ne pas allumer l’ordi 2) ne pas manger comme une vache et finir couchée pour cause de dégoût chronique.

19 h, soit une demi-heure après décision du drastique pacte : je sors les légumes achetés samedi, les découpe au petit bonheur, concocte un confis de légumes. A ce propos, le marcher des Lys, c’est en fait celui des Lices. Mais Lys, c’est plus joli, non ? Eh puis je voulais rajouter que l’été, le marcher de Mazamet (Tarn) est aussi des plus chouettes.

22 h, confis près et dégusté… Non-non, je ne me suis pas couchée : j’ai allumé l’ordi. Hurmph. Mon drastique pacte n’avait pas prévu une sévère pénurie de clopes ni que I. me solliciterait pour la préparation de sa venue ici. Ca m’fait rudement plaisir, d’ailleurs, qu’il projette de se farcir le trajet Viennes-Rennes pour quelques jours en ma compagnie (pas des meilleures qui soient, vous l’aurez deviné). Ca fait plus d’un an que je ne l’ai pas vu… J’aimerais bien qu’il vienne et repartir avec lui à Vienne, on peut rêver ou en tout cas, affirmer que mon chapitre d’histoire ne m’a pas dégoûté à vie.

Oui, parce que ce matin, planchage intensif sur le sujet. Enfin, comme la chouette est sournoise, il portait surtout sur la Hongrie mais bon : « La Hongrie dans la double-monarchie (1867-1914). » Ben voyons. Je me suis gavée : ma copie vaut 3 grand max. 3 comme 3 parties bidons ou 0 comme 0 quatrième partie ? Alea jacta est.

De dépit, j’ai filé faire une razzia de dattes et shoper des clopes. Sur le chemin, un type est passé en décapotable verte. Incongru, le vert sapin, non ? Je me suis dit qu’il était peut-être musulman. Pas rapport à la tunning touch, mais pour ce vert-couleur-du-Prophète. Je devrais arrêter de me dire, que je me suis dit après.

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J’ai ensuite rattrapé la petite dame aperçue au magasin pour porter son cabas. Non pas que j’aie été prise d’une poussée de bonté et de morale douteuse (quelles intentions cachées, hein ? Foutu besoin de reconnaissance) : elle avait l’air rigolote.

Pff, cette après-midi, j’ai ce bidule d’Anglais à boucler. Je suis très mal. Cette fois, mon déjeuner m’incite vivement à siester. Quelle horreur, j’ai aussi de l’Allemand, que de la traduction sur la politique allemande du Xxe siècle, abominable !

Je vais être pendue, fusillée, subirai fouet et roue avant d’être guillotinée : je suis bizu, je suis pédagogiquement irrécupérable, je suis une honte pour Tonton René (allusion au nom de l’école, mais je la cite pas, par prudence, pour ne pas être empalée en plus de tout).

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20 octobre 2007

Frivole, le corbeau

Je suis bouleversée par le test que je viens de faire sur Internet : j’ai découvert que je m’alimente comme « une parisienne de 45 ans » … A part mon addiction sévère au soja et produits bio, le test ne doit pas comptabiliser mes penchants pour les sucreries… A propos de miton, hier soir j’ai fait une tarte tatin de poivrons-oignons-tomates avec thon et parmesan sous la croûte. J’ai apporté le plat chez des amis, et T. n’a pas manqué de me demander comment on m’avait regardé, dans le bus, avec le plat sous le bras et les douillons chocolatés dans mon sac ! Le pire, on s’en doute, c’était le fumet de pouah-scaille qu’exhalait la tarte… Mais bon, on s’est régalé, n’en déplaise à l’importun T..

A propos de cette soirée, dès que les garçons eurent fini leur wisky-coca, ils nous ont laissé improviser une soirée fille sympathique. Avant les soirées filles rimaient avec inspection méthodique de penderie, série télé et bavardages interminables. L’âge n’arrangeant rien à l’affaire, les soirées filles deviennent autrement funky : il s’agit de zoner devant le journal du jeu vidéo, attifées de jogging informes et sans disposition loquace aucune. Avec de quoi fumer. Rien de grave. D’autant que peu à peu, on ne réalise plus, et c’est tant mieux, que la soirée fille s’éternise devant l’émission consacrée au Poker sur Canal !

Depuis la rentrée, je ne suis pas censée avoir le temps de sortir, mais s’il fallait s’y tenir, je ne serais pas rentrée du tout. Alors je m’arrange pour alterner les distractions… Il y a les cours de yoga, les sorties, les balades en ville et autres menus plaisirs.

Mardi soir, conférence sur Spinoza. Ou comment adhérer à son Traité théologico-politique au terme de deux heures d’exposé magistral très convainquant. Mercredi, on a été voir la version de Sa Majesté des Mouches par Peter Brook, un (vieux) film plutôt réussi. A la sortie, M. et moi avons sautillé jusqu’au bus en chantant à tue-tête la chanson tribale des gosses revenus à l’état sauvage. Les autres avaient un peu honte, mais c’était un bon défoulement.

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Jeudi, après le déjeuner avec les aromates pour thématique mais sans aromate dans les assiettes, on a encouragé nos Littéraires qui jouaient au foot contre les Matheux. C’était presque aussi comique que de voir les HEC se pavaner en maillot à dollar sur le terrain… Notre équipe regorge de spécimen, à l’image de la compo’ des classes… Il y a un garçon qui veut ressembler à un brocolis, fantaisie à l’ordre du jour chez les grosses légumes de la nation ;) Pour l’instant sa touffe de cheveux l’apparente à un champignon atomique mais personne ne doute du succès final de son enlaidissement. Précisons qu’il est disposé pour.

Samedi matin.

J’ai accompagné Mamy aux Lys, le superbe marché de Rennes. Les villes ne devraient être que successions de marchés. Celui de Rennes est un de mes préférés, avec celui de Sainte Maxime. Il y a les beaux étals fleuris, puis les fruits et légumes et en contre-bas, les halles et quelques grappes de commerçants en poissons et fromages à l’extérieur. C’est super de se presser autour des cageots quand le soleil commence à tiédir, avec les bras chargés de bons produits et les invectives des marchands.

Nous nous sommes alourdies de légumes et de fruits, de fromages, d’olives et de dattes, tout en lorgnant les confitures de lait, charcuterie et crustacées. Ensuite, on a acheté du pain dans la meilleure boulangerie que je connaisse, celle place Hoche avec des pains, scones, brioches et autres viennoiseries à tomber. Leurs gâteaux sont moins réputés, mais tout aussi beaux à regarder… Comme Mamy a repéré un sac Darel qu’elle adore, on est passé par la boutique qui le vend-mais-pas-pour-longtemps. Elle me racontait la tête de B. quand il a offert à G. un Tod’s à mille euros… Et pendant ce temps-là, j’ai fait quelques essayages sans scrupule aucun. J’hésitais entre deux pulls cachemires mais n’ai pas tranché : suis repartie avec les deux. L’un est rose pale et très fin, l’autre noir à col V, simple. Je me rends compte que je cite trop de marques, je vous épargne celle des pulls !

J’ai un peu mal à la tête, je pense que c’est la fumette d’hier. Je me suis fait un bon déjeuner pour me revigorer un peu, avant de partir au ciné. Je ne voulais pas louper Secret Sunshine. Tant pis pour l’histoire de l’Autriche-Hongrie. Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, que je me dis ;) oui, on a les références qu’on peut ! 

Cette après-midi, j’ai retrouvé Mamy devant le Gaumont. J’ai trouvé le film un peu long et le pathos de certaines scènes confinaient au grotesque. Mais l’actrice transmet sa souffrance avec justesse et l’histoire m’a plu. En sortant, le temps piquant de fraîcheur faisait penser à Noël plus qu’à la Toussaint pluvieuse et venteuse telle qu’on la connaît ici. Avec Mamy, on a regardé quelques boutiques, celles de chaussures pour moi et les vitrines des marques de luxe. Ma grand-mère était très élégante, toute habillée en Rykiel, depuis l'étole colorée et brochée jusqu'au pantalon fluide. J’aime tellement ses goûts que j’ai fait mes repérages avec elle. Puis on a flâné dans une expo d’art avant de succomber à la tentation des macarons du Daniel… On a joué les gourmettes avec une tasse de thés et des macarons au caramel au beurre salé et chocolat corsé, le tout en commentant les restaus indiens que l’on a pu apprécier ensemble. C’était un bon moment. Dans le bus, elle m’a posé quelques questions à propos de mes amies et de Y., avec qui j’étais allée la voir l’an dernier. Je peux aborder les sujets les plus critiques avec elle : elle ne juge pas, n'est pas inquisitrice, mais à l'écoute et juste dans ses réflexions.

Il s’est trouvé deux corbeaux sur mon chemin jusqu'à l'appart. A ma droite. Bonne augure. Pensée automatique.

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02 septembre 2007

La grande Zoa, mangée toute crue par son boa !

A la table, outre les terrines, pizzas fruits de mer et crèmes glacées, il y a les bouteilles que Grand-père a chambré, qu’il sabre et surtout, vide « à s’en rouler sous la table, sinon ce n’est pas la fête ! ». L’humeur festive, c’est sûrement génétique : hilare je suis quand le Papy s’enflamme : « Tous ces pauvres dans les gares, ça me gâche le plaisir ! Je suis tout le temps à chercher par quelle entrée passer pour esquiver et paf, un pauvre ! Evidemment, je lui refile 2-3 euros mais alors…oui, voilà, je suis pour le meurtre social. Les pauvres générés par la société…

-         Et au crédit de la société ! ajoute sentencieusement sa femme

-         Oui, eh bien je suis pour le meurtre social ! »

J. d’intervenir : « Mais ça n’explique pas pourquoi j’ai attendu 2 heures dans une gare qui n’était pas la bonne !

-         Les jeans bleus ! J’adore regarder les gens dans les gares et compter les jeans bleus. Alors je ne me suis pas ennuyé du tout, pendant quelque temps j’ai regardé les femmes en jeans bleus au bras d’hommes en jeans bleus… »

Il se met à mimer les jeunes filles que le jean bleu avantage, je vous épargne la description du monsieur, se levant et se pavanant, pas en jean bleu mais vêtu de blanc, le cheveu blond bouclé et l’œil bleu pétillant.

Mais ce genre de rigolade vaut pour l’apéro. Au moment du dessert, la politique accapare les esprits (un peu aviné, ce qui complique les choses mais les rend aussi plus drôles). Fort de ses récents voyages, Papy invoque alors la Russie et la répartition des richesses qui n’en est pas une ou encore, les touristes grassouillets agonisant: «  pauvre dame, un bon quintal de graisse a l’assaut de la muraille de Chine ! ».

Klee

Finalement, personne ne s’est roulé sous la table et mon père a même pris vaillamment le volant, mais le pire, c’est qu’il a accepté que je lui serve mon bouquet final de Prosac :  une playlist de Gérard Manset et la liste des fringues incontournables de la saison prochaine. Malheureusement, les mélodies n’ont pas endormi sa conscience : il lorgnait mon sac Marc Jacobs comme un terroriste anti-croûte de porc. Je n’ai pas réussi à calmer ces pulsions subites de halalitude, mais il a apprécié ma démo, ce matin, qui consistait à compter le nombre de sacs que peut contenir le grand sac M.J. Force est de constater qu’il y a encore la place pour quelques sacs par encore achetés ! Je suis la pro du rangement, pratique quand on sait le chargement que j’embarque pour Rennes tout à l’heure !

 

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01 septembre 2007

La vie à deux.

Les préparatifs s’intensifient… Aujourd’hui, razzia de jus de goyave chez Carrouf, et pardon pour la pub, mais leur confiture cerise-litchi est un délice. Donc main basse sur les sucreries. Avec la complicité du vigie, qui, il fut un temps, roulait (un peu gras, ce garçon) à mon secours quand un client s’excitait un peu trop de la carte Pass. Bref, j’ai souri bien gentiment au vigie, de derrière mon caddie et de loin. Pratique, il parle à peine français. Mais les greluches de la caisse centrale, si. Et vas-y que je te demande des nouvelles. Au plus fort de mon délire consumériste, impossible d’acheter tranquille.

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N’allez pas croire que je n’ai aucune morale. J’ai bravement résisté à la tentation du Nutella. Pourtant voilà deux jours que je me nourris exclusivement de fromages et de ce truc gourmand à peu près aussi gourmet qu’une fesse d’autruche. Le Nutella, c’est vraiment pratique. Quand j’en ai assez de m’en taper sur des gaufres, du pain, de la brioche, du gâteau, des biscuits… J’en prends avec des fruits. Avec mon café. Nature. Follement régressif, ça. Le Nutella pur, au doigt, en feuilletant un magazine que l’on tâche grassement à chaque page tournée.

Bref, exit le Nutella. J’ai vendu mon âme à Carrouf, mais pas mon bidon rond.

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Je suis un peu contente, là, de boucler mes valises. En plus, tout à l’heure, je retrouve J.. Avec le décalage horaire il sera sûrement d’humeur shanghaïenne (comprendre : salement amoché du karma) mais quoi, ce sera bon. On va manger français, critiquer français et déblatérer français, wouhou ! A l’heure qu’il est, mon grand-père doit peaufiner son discours concernant les jeux de Tokyo… Je sens que l’on va aussi pleurer français, ce soir ! Rien que pour mieux rigoler (c’est le panache… à la française !) : du temps des amphettes en vente libre, qu’est-ce qu’on s’amusait par chez nous ! 

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31 août 2007

Le castor barge.

Je me rends compte que ma mémoire est parcellaire, partielle, partiale, tous ces par- sont décevants. J’ignore pourquoi je consacre ces jours-ci à réveiller de vieux souvenirs agréables, a les déguiser en vécu qui donnerait un sens au présent.

Ce matin, C. a appelé, a annoncé que D. la quittait pour F., qu’elle pensait revenir en Bretagne, qu’en fait elle ne savait pas. Sur MSN, J. a glissé « cette fois c’est fini » derrière son pseudo de super-héros, admiré et déchu. La voix de C. était calme. Tout à l’heure, en faisant la lessive, j’ai vu F. me sourire, sur le balcon, un soir d’été encore tiède. Il s’était exclamé que j’étais belle dans cette robe Kenzo toute tâchée des myrtilles cueillies et mangées dans l’après-midi. J'imagine que ce souvenir me valorise pour que je le mette ainsi en avant sans expliquer comment je n'ai jamais ressenti une telle perfection de l'instant qu'avec F. et les autres, ces étés-là.

Peu à peu j’ai retrouvé le fil de souvenirs heureux, que je me suis empressée d’éluder en rinçant la lingerie. Je voudrais bien appeler F., je n’ai pas eu de ses nouvelles depuis l’anniversaire de ses 20 ans il y a un mois. Je voudrais bien l’entendre se plaindre de la chaleur et dire qu’il passe ses journées au lit (son activité la plus rentable puisqu’il joue de la guitare allongé…), pourtant je ne l’appelle pas.

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lichtenstein

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C. a encore appelé. Avec ma cousine A. et ma mère, on fomente des plans, l’heure est à la vengeance. Ma mère s’est proposé d’envoyer mon père liquider « cette vieille pute qui ferait pas bander un âne (mais faut croire que si) ». Elle s’est ravisée, pas rapport à la vulgarité mais parce qu’il lui semble encore plus approprié d’émasculer D. en faisant passer ça pour un accident domestique. Je me demande où elle a été pécher cette idée de « coup fatal de la serpe » mais son imaginaire horrifique doit déborder de druides et trucs phalliques assez immondes ! Quelle horreur.

Claire et sa copine A. préparent des gaufres, ma mère étend le linge et les épingles sont des poignards entre ses mains nerveuses… Je crois retrouver un peu d’élégance à écouter Blonde Redhead, et pendant ce temps-là, D. file avec F. on ne sait trop où mais sûrement en vacances !

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Karacaï

Aujourd’hui m’a ennuyé.

Les pédopsychiatres disent que l’ennui ne nuit pas à l’enfant. Ca arrangent bien les lectrices du Elle de cette semaine, dont ma mère qui se sent beaucoup mieux, même si elle sait qu’aujourd’hui m’a ennuyé. J’ai du me lever tôt, vers 8 heures, pour aller à la conduite. Je me suis réveillée un peu angoissée, à cause des cauchemars que je fais en ce moment : immanquablement je me réveille édentée et ayant perdu mon bébé. Lassant, ce sur-moi. Et puis il y a cette monitrice qui me houspille avec ce foutu champ de vision à élargir.

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zao

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J’ai encore trop petit-déjeuner : la confiture de griotte est une incitation au gavage. Pour me consoler, je me suis dit que le pain complet, c’est très sain. Je n’avais pas envie de m’habiller, je me suis coiffée en attendant et c’était très laid, exactement ce qu’il fallait pour me décréter  irrécupérable. J’ai dégoté le débardeur ramené du Portugal l’an passé. Je ne l’ai porté qu’une fois, chez P., où plutôt, pendant la ballade qu’on avait faite ce jour-là. On s’aimait bien, alors.

Je savais que j’allais y penser tout le temps mais je l’ai mis, sans soutient-gorge à cause de l’agencement « sophistiqué » des bretelles de ce truc pour surfeuses bronzées alors que je suis toute blanche. A propos de blanc, j’ai enfilé le pantalon en lin blanc du marché aux tissus. Je me suis rappelée du tailleur qui avait laissé choir son journal à regret. Je me suis rappelée que « journal » se dit « bao » en chinois. Ce pantalon n’avait coûté que 100 yuan mais il valait peut-être encore moins, qui sait.

Après inspection, j’ai dû changé de sous-vêtement pour cause de transparence provocante.

Sur le chemin, j’écoutais Metric pour me motiver un peu. J’étais agacée par mon ombre et ma démarche ridicule qu’elle renvoie. A l’auto-école, j’ai attendu quelques instants avant que la secrétaire ne s’excuse de l’absence de la monitrice. Je suis rentrée par le même chemin. J’étais soulagée et satisfaite d’avoir eu raison de ne pas faire confiance à cette poufiasse qui croit judicieux de comparer la signalisation avec des règles de grammaire depuis qu’elle a appris que j’entre en khâgne.

La maison était baignée de lumière, avec les baies vitrée ouvertes, et Claire qui jouait du piano. C’était idyllique, comme calqué sur les photos des magazines déco oubliés sur la table de salon.

Claire portait une robe qui m’a donné envie d’en enfiler une. J’ai enfilé la robe Chloé, rouge et blanche, originale. A. l’a décrétée jolie, je m’en remets à son bon goût. D’ailleurs, j’ai appelé A. tout de suite après. Pour aller à la piscine, mais finalement son code lui bloquait cette après-midi. J’ai commencé The Great Gatsby, sans engouement.

Avant le déjeuner, j’ai reçu un mail de B., j’étais tellement heureuse que j’ai posté une réponse exaltée le demandant en mariage. Ou presque, disons que c’est ce que notre complicité lui a permis de déceler. C’est aussi pour ça que j’ai interprété sa réponse presque immédiate par un autre mail comme un « oui » enjoué. Enfin, entre-temps j’avais déjeuner et il n’épousera sûrement pas une grosse vache, du moins je l’espère moins décevant.

Ma mère avait réchauffé sa soupe miracle. Celle qui doit lui faire perdre 5 kg en une semaine. La vue et le goût des légumes qui flottent dans leur bouillon épicé l’aide peu à suivre sa résolution. Evidemment c’est moi qui suis chargée de l’aider. Alors je l’accompagne et en rajoute « mmh… délicieuse ! non maman, ne touche pas au poulet ! ». La pauvre, elle est toute contente à l’idée de croquer un concombre au goûter. Pendant ce temps là, dans le pays merveilleux où habite ma sœur, une chaise et une assiette plus loin, les chips, la mayo et le chocolat batifolent. Moi aussi je mange autre chose que la soupe miraculeuse et mirifique. Je suis censée entretenir mes 50 kg. Sinon on me serine que ma carcasse manque d’appétissante graisse.

Quand mon père est rentré, je me suis sentie faible, j’ai eu mal à la tête et envie de crier. Il m’a expliqué le procédé fantastique du tréteau avec assez de détails pour que je chope une migraine pour de bon. J’ai abandonné la terrasse, de toute façon trop venteuse, et suis allée me coucher. Je déteste ma chambre, en ce moment, mais bon, j’ai fermé les yeux. Les parents sont partis peu après, je me suis levée et précipité sur un sorbet Picard délicieux et trop sucré. J’ai lu le nouveau Télérama. Puis Gatsby. 1 page. Winou, je n’accroche pas. Surtout depuis que C. m’a déclaré que c’était bien. Ses appréciations ne correspondent jamais aux miennes, alors j’ai l’impression de me forcer à lire un texte mondain ennuyeux.

J’ai ensuite voulu faire des sablés au fromage. Je ne sais pas si c’est parce que j’écoutais France Cul, chaîne peu propice aux délires culinaires, mais ça a foiré. Trop beurré. Ca n’avait rien d’étonnant, parce que cette journée est sans surprise mais très boiteuse et que j’’y avais été sans peser les ingrédients et surtout, en changeant complètement la recette. Pour rattraper l’affaire, j’ai préparé un crumble de légumes en rajoutant des biscottes pillées dans la mixture sablée sensée devenir chapelure digeste pour palais délicats. Ca m’a occupé de devoir éplucher les aubergines, les tomates, les poivrons… Du coup le crumble est près à cuire. Quand les autres rentreront. En attendant je cherche un film à regarder ce soir, mais je voudrais encore voir Old Boy et bien sûr, le Dvd est encore à Shanghai. J’ai l’impression de ne rien faire de mes journées. C’est agréable de s’offrir le luxe de l’ennui. Après tout, j’ai bossé au Carrouf à en perdre le sens commun (et pas à progresser en calcul mental pour rendu express de monnaie sonnante et trébuchante), ce pendant un mois !

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zao_wou_kI

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Claire est rentrée et regarde les Simson, la voix de Marge m’agace quand je l’entend de trop loin. Ensuite on a regardé les infos de Arte pendant le dîner, avec la soupe que j’ai un peu trop saupoudré de curry, et le crumble qui était juste bon, surtout la croûte. Je n’avais plus faim mais Plus belle la vie m’a donné envie de finir la compote de prunes. A défaut de tarte. Evidemment personne ne voulait passer la soirée devant le Théma d’Arte consacré à l’Islam. Claire a réussit à véhiculer une méfiance farouche envers les doc’ de la chaîne, ce qui ne vaut pas uniquement pour les reconstitutions bidons de l’Egypte ancienne mais aussi pour leurs partis-pris socio-intellectuels. Ma sœur a longtemps eu la foi en son argumentaire, mais maintenant elle se contente de grogner quand mon père plaide pour le «  2 T » dans Télérama, et elle zappe, en l’occurrence sur TF1, Shrek. Je suis restée regarder, parce que je n’avais rien de mieux à faire et qu’il y avait du pop corn. J’ai cru à une grave altération du bon sens maternel mais le label bio sur l’étiquette ringarde du paquet m’a vite rassurée et encouragée à la goinfrerie. Ce dessin animé, je l’ai vu plusieurs fois, le 2 encore plus, et le 3, une fois dans l’avion vers Amsterdam. Je me rappelle même qu’avec une amie, on avait regardé le 2 en arabe. Il n’y a qu’entre véritables amies qu’on peut partager l’ennui.

Ce matin j’ai eu ma leçon de conduite à 11h, cette fois elle ne m’a pas loupé et y est encore allée de sa petite théorie explicative. C’est de pire en pire, elle compare l’étude du champ visuel au volant aux perceptions dans l’espace d’une expo d’art! Je hoche la tête et sourit quand elle dit « je pense que ça te parle beaucoup plus s’il s’agit d’art ». C’est à ce moment là que j’ai failli entuber Robert qui traversait la chaussée en douce.

J’ai écouté RJD2 sur le retour, c’était pratique d’avoir un truc à la main pour plaquer mon débardeur sous lequel le vent s’engouffrait. Je me sentais le karma d’un pélican, sans savoir pourquoi un truc aussi absurde me traversait la tête, mais c’était agréable de m’imaginer en quête de crevettes. D’ailleurs la C.M. ne facilite pas la vie des pélicans, pas étonnant que nos expats soit plutôt du genre canin, avec tous ces trottoirs bien lisses qui invitent à chier dessus. Bref.

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zao_wou_Ki

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J’ai passé quelques instants à tenir ces pages à jour et au téléphone puis sur MSN avec A., avant de la rejoindre. Elle a retrouvé un bracelet incrusté de nacre que j’avais égaré dans sa veste en cuir, ça m’a rendue heureuse pour le reste de l’après-midi. A. était belle, ses cheveux sentaient bon et ils étaient magnifiques, aussi. Après quelques achats, on est allé chez M., qui n’était pas chez lui mais a rappliqué sitôt qu’il a su qu’on était entré dans son appart, par effraction ou presque. On a parlé un peu, A. avait des trucs à lui raconter, lui semblait pressé d’aller faire ses courses, j’espère qu’il a acheté du raisin : il était à 1 euro 90 chez Carrouf, aujourd’hui, et puis pour un footballeur, M. a l’alimentation débridée, or, le-raisin-c’est-très-bon-pour-le-système-cardio-vasculaire.

Avec A., on est passé siroté un double-expresso au Rhum7 avant d’estimer le rayonnement solaire suffisant pour une ballade au bord de la rivière. Parfois je trouve la C.M. bien jolie. A. l’a dit « coquette », c’est pas faux, il y a de belles maisons, pierres, colombages, glycine et toute l’armada pittoresque imaginable. Mais bien sûr, je suis encline aux superlatifs maintenant que mon déménagement est imminent. En rentrant, j’ai cru apercevoir T. au volant de sa caisse pourrie, encore un type que ma mémoire achèvera, j’ai pensé. Mais je me suis aussi rappelée que j’aimais ses baisers. J’ai augmenté le volume de Joanna Newsom. J’avais déjà oublié.

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